Le proverbe veut
que l’on ne se rende compte à quel point certaines personnes comptent à nos yeux que lorsque nous les avons perdu. Ce matin là, en la regardant dormir, je me risquais à me demander si je pourrais
à nouveau vivre sans elle. Les larmes me montèrent aux yeux. J’étais dans cette phase où le bonheur et la sérénité que l’amour vous apporte arrive à vous faire peur et à vous terrifier de
l’éventuelle absence de l’autre.
Elle était là, allongée près de moi. Le drap posée sur ses fesses laissait voir sa chute de reins. Chaque caresse que je lui faisais le long de son dos me procurait des frissons. Chacune de ses courbes me renvoyait à un moment spécial, à un baiser posé, à une caresse volée, à tous ces moments de plaisir que nous partagions depuis que nous nous étions retrouvées.
Cela faisait trois mois que mon cœur était apaisé. Que je respirais à nouveau. Grâce à elle j’étais en train de vaincre ma peur obsessionnelle de l’engagement dû à la déception qu’avait causé ma rupture d’avec Nina. J’osais penser au futur avec Carla. Elle était devenue celle qui m’apaisait, qui me tempérait, qui me donnait envie d’y croire à nouveau. Nous étions dans un sens assez complémentaire car elle avait cerné que je recherchais une fille aimante et attentionnée qui serait capable de supporter mon autorité et mes exigences. Néanmoins elle possédait tout de même une vraie force de caractère mais elle savait m’amener les choses avec douceur et subtilité et n’exprimait son ascendant que quand cela m’arrangeait de telle sorte que je puisse la respecter. Elle avait fait de notre couple sa priorité et faisait les efforts nécessaires pour que ça marche entre nous. Au final sa souplesse me correspondait parfaitement. Elle me disait souvent qu’elle avait trouvé en moi son équilibre et j’arrivais à sentir qu’à mes côtés elle se sentait vivante. Nous n’avions jamais reparlé de notre rupture et de la période de séparation qui s’y rattachait mais nous savions toutes les deux qu’elle avait était une épreuve difficile qui nous avait fait réaliser à quel point nous nous aimions.
J’aurais pu rester des heures à la regarder dormir et à contempler sa beauté. Ce matin là j’avais une sensation étrange en moi, quelque chose qui m’ordonnait de profiter de l’instant présent et de ne pas en perdre une miette par peur que ce bonheur ne m’échappe à nouveau. Plongée dans mes songes, j’avais perdu la notion du temps et ce n’est que quand mon portable vibra que je revins à la réalité. Il s’agissait de Serena. Je décidai de ne pas prendre l’appel et de la rappeler plus tard. Quelques minutes après je recevais un texto me demandant de la rappeler urgemment car elle avait un scoop. Ma curiosité était piquée il est vrai mais nettement moins que mon désir brûlant pour Carla. Je ne pouvais pas résister à l’envie de la réveiller de la meilleure façon qui soit pour moi : avec mes baisers. A sa manière très réactive de me les rendre, j’imaginais que son sommeil ne devait pas être très profond.
_Bonjour, me dit-elle en m’embrassant.
_Bonjour, répondis-je avec un sourire
Collée à elle, je n’arrivais pas à distinguer si c’était la chaleur de son corps ou du mien qui faisait grimper la température de la chambre. Je sentais ses mains glisser le long de mon corps. En cours de route elles osaient parfois s’attarder sur mes fesses et au moment où je m’y attendais le moins elles osèrent se frayer un passage jusque mon sexe et sans que je puisse dire ou faire quoique se soit elle était déjà en moi.
_Huuummm. On peut dire que tu es bien réveillée, me dit-elle d’une voix suave.
_Oui, on peut dire ça. Difficile de me retenir alors que je dors à côté de la fille la plus sexy qui soit.
_Je te l’accorde. C’est pour cela que tu remarqueras que je n’ai pas le même problème vu que je dors à côté d’une femme qui ne me fait aucun effet.
Tout en prononçant ces mots elle prit ma main et la posa sur son sexe.
_Et bien dis donc… Pour une fille à qui je ne fais aucun effet, tu m’as l’air plutôt excitée, lui dis-je en riant.
_Ok. J’ai menti. Tu me rends dingue.
Ce matin là fût une de nos plus belles fois. Je ne parle pas seulement du fait que c’était incroyablement bon, et que de la sentir en moi me fît jouir en quelques minutes, mais du fait que c’était si passionné, si intense et à la fois si doux et sulfureux que je ne savais pas si mon orgasme était uniquement dû à son « doigté » irréprochable.
On pouvait dire que la journée avait bien commencé mais nous ne pouvions rester au lit plus longtemps car nos emplois du temps respectifs étaient chargés. Je filais donc rapidement sous la douche et à peine avais-je fini que Carla prenait ma place.
_A quelle heure as-tu rendez-vous avec l’architecte ? Demandait-elle tout en se savonnant sous la douche.
_A 11h00, répondais-je en me brossant les dents.
_Je n’ai rien compris !
Je pris le temps de me rincer la bouche avant de me répéter.
_A 11h00 !
_Ok. Bon moi j’ai pas mal de papiers administratifs à régler alors je vais courir toute la journée. Je vais prendre la moto pour aller plus vite.
Elle savait que j’avais une peur bleue de la moto et que je n’avais l’esprit tranquille que lorsqu’elle la laissait au garage. Elle se posta derrière moi tout en m’enlaçant la taille, le corps enveloppé dans une serviette, alors que je tentais de mettre mon mascara.
_Je ferais très attention, c’est promis.
_Je ne suis pas rassurée pour autant. Je cesserais de m’inquiéter quand je rentrerais ce soir et que je verrais ma femme assise dans le canapé, attendant sagement que je rentre lui faire la cuisine, ou alors quand tu auras vendu ta moto.
Elle se mit à rire.
_Je n’attends pas que tu rentres pour me faire la cuisine, car sache que ce soir tu me trouveras dans le canapé certes mais avec des plats chinois que j’aurais commandés pour t’épargner de devoir t’occuper de moi.
_Mais j’adore m’occuper de toi, lui dis-je en passant ma main sous sa serviette.
_Je n’en doute pas ma chérie mais si tu continues à t’occuper de moi tu vas être en retard pour ton rendez-vous.
_Effectivement et je ne peux pas me le permettre car cette architecte est la meilleure de toute la région. On ne m’en a dit que du bien, alors je file m’habiller et j’y vais !
Je voulais faire quelques modifications dans mon appartement et je tenais à avoir un avis professionnel, le but étant d’optimiser au maximum les espaces à vivre. J’avais aussi l’idée de faire une véranda, d’installer une verrière et d’utiliser une partie de la terrasse pour faire une pièce supplémentaire. Des petites idées que m’avait données Carla et que je tenais à faire avant de mettre mon logement en vente. Elle et moi avions comme projet de nous installer ensemble alors je voulais régler tout cela avant. Depuis que nous nous étions retrouvées nous avions décidé d’accélérer la cadence. Nos sentiments étaient évidents alors nous ne voulions pas attendre car nous estimions avoir perdu suffisamment de temps. Nous étions tournées vers l’avenir et ce projet d’habiter ensemble en était un bon exemple.
J’enfilais rapidement une petite jupe noire avec un top en soie et des petits escarpins rouges vernis et je prenais la direction de la porte pour me mettre en route. J’allais crier un « à ce soir ! Je t’aime » lorsque je sentis la main de Carla se poser sur mon bras et m’attirer vers elle.
_Tu ne me dis pas au revoir ?
_Je te croyais encore dans la salle de bain et je suis très pressée mon cœur, désolée.
_J’ai hâte d’être à ce soir.
_Moi aussi. Je t’aime.
_Je t’aime aussi.
Elle prit mon visage entre ses mains et s’en approcha pour y déposer un baiser sur mes lèvres.
_Attention sur la route ! Lui dis-je tout en refermant la porte derrière moi.
En chemin pour mon rendez-vous je pensais à rappeler Serena. C’était à mon tour de tomber sur sa messagerie. Trop concentrée sur la route je ne prenais pas le temps de laisser un message. J’arrivais en avance à mon appartement juste à temps pour ouvrir les volets et aérer un petit peu. Je n’y avais pas dormi depuis presque une semaine et j’avouais que de le retrouver me faisait du bien. Ayant un petit quart d’heure devant moi je décidais de faire les poussières rapidement et de mettre en route la machine à laver.
11H00. On sonnait à la porte. En plus d’être la meilleure elle était ponctuelle. Parfait ! Je m’empressais d’ouvrir.
_Bonjour, je suis Sofia Kassini.
_Bonjour, Anna Jonousa. Entrez je vous en prie.
Je l’invitais à me suivre dans le salon afin d’être plus à l’aise pour discuter de mes attentes. Elle était fort jolie très pétillante. Il m’était difficile de ne pas résister à son charme. Elle avait quelque chose de très captivant et une beauté intrigante. Attention je n’oubliais pas que je vivais une magnifique histoire avec la plus géniale des femmes mais je n’étais pas insensible au charme d’une belle femme quand j’en voyais une.
Pendant près d’une heure nous discutions des différentes modifications que je tenais à apporter. Elle avait l’air de connaitre son boulot sur le bout des doigts et j’avoue que j’étais bluffée car elle ne devait pas être plus âgée que moi et pourtant on sentait qu’elle avait une bonne expérience. Elle me donna envie de travailler avec elle et de la suivre dans ses idées. Peu importe le prix elle en valait le coup j’en étais sûre. Devant moi elle fît appel à quelques entrepreneurs avec lesquels elle avait l’habitude de travailler, peut-être pour me prouver son professionnalisme et sa réactivité… Je n’en savais rien mais sa spontanéité me plaisait. Un fois ma jolie architecte partie et mon linge étendu je partais rejoindre La Brochette pour déjeuner. Nous ne nous étions pas vues depuis un moment et elles me manquaient. Quand j’arrivais elles étaient déjà toutes assises. Anaïs était venue accompagnée de sa nouvelle copine : Luce. Elle nous l’avait présenté quatre mois auparavant et le contact était tout de suite bien passé entre elle et moi. Maryline s’était étrangement attachée à elle aussi et je ne savais pour quelle raison depuis quelques temps elle était mal à l’aise en la présence de Luce. Maryline était une fille sous apparence adorable et elle était très chanceuse d’avoir Elodie dans sa vie car cette dernière l’aimait d’un amour inconditionnel et supportait le moindre de ses caprices. Maryline était une fille qui ne laissait jamais rien transparaitre. Pas la moindre émotion. Jamais d’avis sur quoi que ce soit, sauf quand il s’agissait de se plaindre. Elle était de celles qui voient toujours le verre à moitié vide. Cela dit elle avait une facilité perturbante à masquer ses émotions, mais face à Luce on devinait aisément que quelque chose clochait. Luce était une fille magnifique qui était infirmière. Maryline faisant des études pour exercer le même métier s’était rapprochée de notre nouvelle recrue afin d’avoir quelques conseils pour ses examens. Très vite j’eus le sentiment et ce à cause de la possessivité de Maryline envers Luce, que l’une des deux s’était aventurée sur un terrain dangereux. Dans le fond je ne tenais pas à savoir ce qui avait pu se passer car il était évident que les répercussions seraient douloureuses. L’atmosphère étant légèrement tendue Coralie comme à son habitude s’empressa de la détendre. Nous connaissions Coralie depuis longtemps mais quelques histoires de filles avaient fait qu’elle s’était un peu éloignée de nous quelques temps mais fort heureusement tout ceci était désormais du passé et elle était à nouveau parmi nous. Coralie n’était pas du genre à avoir sa langue dans sa poche et je l’aimais pour ça.
_Notre Rihanna est en retard encore une fois ! T’as eu du mal à quitter ton lit ou ta femme ? Les deux peut-être ?
Toute l’assemblée ria et moi la première.
_Il faisait trop… Chaud sous les draps. J’y étais trop bien, pardonnez-moi.
_Oh, mais on te pardonne. Ta chérie aura-t-elle le sourire toute la journée ?
_Petite coquine va, lui dis-je en ricanant. Tu veux que je te donne le sourire à toi aussi ?
_Oh oui ! Fais-moi sourire !
Nos coquineries faisaient rire toute la table et même le serveur qui était venu prendre notre commande au même moment. Nous l’invitions à repasser quelques minutes plus tard, le temps que je jette un coup d’œil à la carte.
Serena était également en retard. Elle arriva juste à temps pour passer la commande en même temps que nous. Elle me fit remarquer qu’elle avait eu mon appel mais qu’elle n’avait pas pu y répondre car elle travaillait mais qu’elle me parlerait quand nous serions seules à seules. Je ne posais pas plus de questions comprenant qu’il s’agissait d’une affaire privée qu’elle ne tenait pas à ébruiter.
_Je vais aux toilettes, nous dit Luce en en prenant la direction.
_Je te suis car j’ai envie moi aussi, ajouta Maryline.
J’avais l’impression d’être la seule à trouver la situation étrange. J’étais très intuitive mais il m’arrivait parfois de me tromper alors j’attendis qu’elles soient toutes les deux entrées dans les toilettes pour feindre moi aussi une envie pressante.
Tel un détective professionnel, j’ouvrais la porte doucement mais n’entrais pas de suite pour ne pas me faire remarquer.
_Je suis désolée d’insister mais je pensais que c’était réciproque.
C’était la voix de Maryline.
_Et bien tu t’es trompée. Il n’y aura jamais rien entre nous et je te conseille de cesser immédiatement tes avances car je vais être obligée d’en parler à Elodie et Anaïs si tu continues.
_Je préfèrerais que ça reste entre nous. Je ne t’embêterais plus avec ça.
Alors là j’étais choquée. Sainte Maryline qui faisait du rentre dedans à Luce ! Au final mon intuition était bonne mais je n’arrivais pas à me réjouir. Des limites avaient été franchies et des règles transgressées. Pour moi ce que Maryline avait fait était la trahison ultime autant en amour qu’en amitié et je constatais que malgré le fait que Luce la repousse elle était capable d’insister. J’étais profondément déçue. Désormais un deuxième problème s’offrait à moi : je ne savais pas tenir ma langue. Là je n’avais pas le choix. Je devais me taire. Je fis mon entrée de façon virulente dans les toilettes ce qui fit sursauter Maryline.
_Il y a un toilette de libre Maryline si tu attends, lui dis-je sèchement.
_Euh… Oui c’est vrai je n’avais pas vu. Merci.
Luce sortie du sien un peu gênée. Je lui fis un sourire comme pour lui dire qu’il n’y avait aucun soucis à se faire. Une fois toutes les pauses pipi terminées nous rejoignons toutes les trois la table.
C’était la première fois que j’arrivais à lire une émotion sur le visage de Maryline : l’amertume.
Après notre repas j’embraquais Serena dans une virée shopping. A peine étions-nous seules je l’invitais à me dire ce qu’elle tenait tant à garder secret.
_Voilà, commença t-elle, j’ai quelque chose à te dire mais je ne devrais pas te le dire car j’ai promis de ne rien dire.
_Parfait car moi aussi il y a une chose dont je voudrais te parler mais je ne suis pas certaine d’avoir le droit de le faire.
_C’est à propos de Maryline.
_Et de Luce ?
Je pouvais lire la surprise sur son visage.
_Comment sais-tu ?
_C’est tellement évident.
_Que Luce fait des avances à Maryline ?
Alors là c’était moi qui étais surprise. Je ne suivais plus rien.
_Mais non ! C’est Maryline qui lui fait des avances ! Je le sais car je l’ai surprise en train de se faire refouler pas Luce dans les toilettes toute à l’heure ! Attends c’est évident ! Tu as vu comment elle est mal à l’aise en sa présence ?! Et comme je t’ai dit je l’ai prise en flagrant délit !
_ Mais elle m’a dit que c’était Luce qui la harcelait et qu’elle avait dû prendre ses distances.
_Attends, je viens de te dire que je les ai vues ! Et celle qui harcèle l’autre c’est Maryline et c’est dégueulasse autant vis-à-vis d' Elodie que d’Anaïs. Et puis tu ne trouves pas ça étrange qu'une fille qui ne se confie jamais à nous et qui est constamment fermée comme une huître et dont on ne sait quasiment rien se confie tout à coup à toi ?
_Mais pour quelle raison aurait-elle fait ça ?
_Pour prendre Luce de court et la discréditer en cas de conflit. Ca ne me surprendrait pas venant d’elle.
_Je suis déçue. On fait quoi maintenant ?
_On ne fait rien. Je vais essayer d’en parler avec Luce mais on ne fait rien. Anaïs et Elodie en souffriraient trop. Moi en attendant je vais m’offrir cette ravissante jupe en cuir.
Elle afficha un sourire sur son visage. Serena était une fille qui prônait les valeurs de l’amitié et nous nous efforcions de les respecter au maximum. Je n’étais pas étonnée qu’elle prenne autant les choses à cœur dans cette affaire.
Il était l’heure pour moi de rentrer retrouver celle qui arrivait à me faire oublier tous mes tracas. A mon arrivée un bon bain chaud m’attendait et après m’y être prélassé, comme convenu, des petits plats chinois étaient disposés sur la table basse du salon.
_Je croyais que c’était moi qui devais prendre soin de toi ce soir ?
_Oh, mais tu prendras soin de moi après me dit-elle en m’embrassant.
A ce moment précis je me sentais comme la femme la plus chanceuse du monde. Passer une simple soirée auprès de la femme que j’aime il n’y avait rien de mieux à mes yeux.
Quand arriva le moment de la rejoindre dans la chambre et de me blottir dans ses bras je me fis la réflexion comme quoi il ne manquait rien à ce bonheur.
_Je me sens si bien avec toi, lui chuchotais-je à l’oreille.
_J’ai de la chance de t’avoir, me dit-elle en retour.
Nous nous embrassions tendrement, comme pour celer les mots doux que l’on venait de se dire. J’aurais pu rester toute la nuit mes lèvres collées aux siennes. J’ai envie de vous dire que le désir montait peu à peu mais ceci serait faux car le désir était constant entre nous. C’est donc naturellement que je me mettais à califourchon sur ma bien-aimée. Je pris un instant pour la contempler et admirer sa beauté. J’éparpillais mes baisers sur son corps tout entier en commençant par sa bouche puis en descendant sur son cou, ses seins, son ventre, son sexe… Ce soir là ma seule envie était de lui donner du plaisir et c’est en la léchant avec douceur et ardeur que je ressentis le mien. Il y avait une réelle fusion entre nos deux corps et nous laissions nos pulsions et nos émotions nous porter. Deux orgasmes en une seule journée je n’osais y penser et pourtant c’était bien réel. Sa dextérité associée à sa douceur faisait d’elle la meilleure des amantes. Je pouvais la sentir sur moi, me prenant de toutes ses forces, me faisant crier de plaisir. La jouissance était si forte que je sentais des spasmes parcourir tout mon corps. Ce fût une nuit fantastique rythmée par nos envies et notre passion.
Le lendemain je me réveillais dans ses bras. Pour ma part c’était le meilleur des réveils. La douceur de sa voix vînt sublimer ce délicieux moment.
_Enfin réveillée Madame la Marmotte ?
_Oui, répondais-je tout en m’étirant. Il n’y a que dans tes bras que je dors aussi bien. Je n’ai pas envie de quitter le lit.
_Mon cœur j’aurais bien passé la journée au lit avec toi mais je n’ai pas pu tout faire hier et je dois partir tôt. Mais si tout va bien je ne rentrerais pas trop tard.
_Je vais passer chez moi reprendre des affaires.
_Je suis de repos demain alors on peut dormir chez toi si tu veux ?
Carla savait à quel point j’aimais me retrouver dans mes appartements car j’y avais mes marques et mes petites habitudes.
_Ok, mais comment fait-on ? Je pensais travailler depuis chez toi, alors si tu rentres vers 16h00 on peut y aller à une seule voiture.
_D’accord ça me va je serais peut-être même rentrée avant. Tu me prépares quelques affaires. J’ai quatre jours de repos alors prévois ce qu’il faut.
_C’est comme si c’était fait !
_T’es parfaite ! Dit-elle en m’embrassant.
A peine le temps de jeter un coup d’œil à mon portable pour y regarder l’heure que j’entendais l’eau de la douche qui coulait. Pendant qu’elle se préparait je m’occupais du petit déjeuner. J’attendais qu’elle libère la salle de bain avant de m’y faufiler. Une fois apprêtée je pris le temps de déjeuner avec ma petite femme. Ce fût très bref car elle devait déjà partir. Elle m’embrassa tendrement et souligna son baiser d’un « Je t’aime. Vivement ce soir ! » auquel je répondais un « Je t’aime fort mon cœur. Dépêche-toi de rentrer. ». Je la regardai prendre le chemin de la porte. Une fois qu’elle était partie je me mis à ranger les restes du petit déjeuner et c’est en posant un œil furtivement sur le plan de travail que je m'aperçus qu’elle avait oublié ses clés de voiture. Seulement quelques minutes s’étaient écoulées alors je décidais de descendre lui rapporter l’imaginant en train de les chercher au fond de sa sacoche. Arrivée devant la grille de l’immeuble je ne la voyais pas. Le bruit assourdissant d’une moto m’obligea à me retourner. C’était Carla. Elle me fît un signe de la main et démarra tellement vite que je n’eus le temps de lui en faire un. J’allais repartir dans l’immeuble quand soudain le bruit strident de la tôle froissée et des bris de glace dû à un choc violent me fît sursauter. Je ressenti une sensation étrange. Ma poitrine se serra et durant une fraction de seconde j’eus l’impression que l’on venait de m’arracher le cœur. Plus que la curiosité, c’est la peur qui me poussa à me rendre sur les lieux de l’accident qui s’était produit à seulement quelques mètres de là. Je me mis à courir quand je vis la moto de Carla couchée sur le sol. Les gens commencèrent à s’agglutiner autour de la scène macabre. Je commençais à suffoquer et je redoutais de m’approcher d’avantage et de constater la seule chose qui pourrait me tuer. La vision d’horreur que je tenais tant à éviter était malheureusement bien réelle. Ma Carla, était là, son corps gisant sur le bitume. Je couru vers elle tout en criant son nom.
_Carla ! Carla ! Parle-moi, je t’en supplie parle-moi !
_Anna…
Elle semblait utiliser toute son énergie pour prononcer mon prénom.
_Carla je t’en prie reste avec moi ! Reste avec moi ! Je ne peux pas vivre sans toi Carla !
_Anna… Je t’aime…
_Je t’aime aussi ma chérie, alors je t’en supplie, ne meurs pas, je t’en supplie ne meurs pas !
Mais mes mots ne suffirent pas. Ce matin là elle mourra dans mes bras et moi j’aurais voulu...
Johana Saka
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