Le pensionnat, lieu austère empreint de rigueur et de fermeté qui capte notre imagination et qui abrite souvent les scènes de tous les désirs, de tous les fantasmes. L'intensité de l'amour interdit, le premier émoi pour son professeur, l'ambiguité des sentiments... lorsque discipline, silence et internement rime avec carence affective..
Revenons sur ces romans, ces films qui ont planté leur décor dans un pensionnat.
« Je suis exténuée par la beauté du corps d’Hélène Lagonelle allongée contre le mien. Ce corps est sublime, libre sous la robe, à portée de la main. Les seins sont comme je n’en ai jamais vus (sic). Je ne les ai jamais touchés. Elle est impudique, Hélène Lagonelle, elle ne se rend pas compte, elle se promène toute nue dans les dortoirs. Ce qu’il y a de plus beau de toutes les choses données par Dieu, c’est ce corps d’Hélène Lagonelle, incomparable, cet équilibre entre la stature et la façon dont le corps porte les seins, en dehors de lui, comme des choses séparées. Rien n’est plus extraordinaire que cette rotondité extérieure des seins portés, cette extériorité tendue vers les mains. Même le corps de petit coolie de mon petit frère disparaît face à cette splendeur. Les corps des hommes ont des formes avares, internées. Elles ne s’abîment pas non plus comme celles d’Hélène Lagonelle qui, elles, ne durent jamais, un été peut-être à bien compter, c’est tout »
Marguerite Duras- L'amant
THERESE ET ISABELLE
Viollette Leduc
Ecrit en 1964, "Thérèse et Isabelle" fut
censuré et paru en 1966 sous forme réduite. C'est seulement en 2000 qu'il paraîtra dans sa version intégrale.
L'homosexualité féminine y est décrite sans pudeur avec précision et poesie. Le plaisir charnel, scandaleux à l'epoque, ne s'encombre d'aucune vulgarité ni mievrerie. C'est une oeuvre brulante qui nous plonge dans la confidence de l'orgasme.
Violette Leduc nous livre cette histoire en s'inspirant de ses amours de jeunesse, elle-même ayant vécu avec une enseignante. Celle de deux lycéennes amoureuses qui expérimentent leur désir le soir, s'abandonnant au plaisir dans la proximité des surveillantes et des autres pensionnaires endormies.
"Les lèvres se promenaient sur mes lèvres: des pétales m’époussetaient. Mon cœur battait trop haut et je voulais écouter ce scellé de douceur, ce frôlement neuf. Isabelle m’embrasse, me disais-je. Elle traçait un cercle autour de ma bouche, elle encerclait le trouble, elle mettait un baiser frais dans chaque coin, elle déposait deux notes piquées, elle revenait, elle hivernait. Mes yeux étaient gros d’étonnement sous mes paupières, la rumeur des coquillages trop vaste."
Adapté au cinéma par Radley Metzger en 1968.
|
|
|
OLIVIA
`
Olivia a été adapté en 1951 par Jacqueline Audry avec Edwige Feuillère et Simone Simon
|
|
|
CRACKS
Dans un pensionnat pour jeunes filles retiré du monde, Di et ses amies s'adonnent à des jeux fantaisistes, insolents et parfois cruels, encouragées par leur professeur
de plongée, miss G, qu'elles idolâtrent.Miss G est une très belle femme, charismatique, cultivée, et pleine de surprises. Elle les fait rêver en leur contant ses nombreux voyages exotiques et ses
liaisons passionnées. Fiamma, une nouvelle élève arrivée d'Espagne, vient bousculer le quotidien des jeunes filles et provoquer à son insu leur jalousie. Cette belle aristocrate, éprise de
liberté, captive entièrement l'attention de Miss G au grand désarroi de Di et sa bande. Pourtant, lorsque Miss G tente de gagner les faveurs de Fiamma, à la fois fas
cinée et attirée par elle, celle-ci la rejette.Miss G perd alors le contrôle d'elle-même et déclenche une série d'événements tragiques qui fera perdre leur innocence aux jeunes filles.
Dans une petite ville de province, deux amies Karen Wright et Martha Dobie dirigent une institution pour jeunes filles, aidées par Lily, la tante de Martha, une ancienne
actrice excentrique. Fiancée au médecin Joe Cardin, Karen a du mal à s'engager et à laisser à Martha la direction de l'école. Mary, une élève insolente et menteuse, alors qu'elle a été punie,
lance la rumeur que les deux professeurs ont une relation "contre-nature". Elle commence par le raconter à sa grand-mère...
Derniers Commentaires